Dépôt de réservation, appels de fonds, garantie d’achèvement et réception : le cadre pratique d’un achat sur plan réellement sécurisé.
L’essentiel en 30 secondes
Dépôt maximal : 5 % à moins d’un an, 2 % entre un et deux ans, aucun au-delà.
Paiements cumulés : 35 % aux fondations, 70 % hors d’eau, 95 % à l’achèvement, 5 % à la mise à disposition.
L’acte VEFA est notarié ; les plans, matériaux, délais et garanties doivent y être annexés.
Pour un non-citoyen, la VEFA n’élimine jamais l’autorisation liée au PDS, Smart City, IHS ou G+2.
La VEFA n’est pas une simple réservation
La vente en l’état futur d’achèvement transfère à l’acquéreur les droits sur le sol à la signature, puis la propriété de l’ouvrage au fur et à mesure de sa construction. L’acte notarié doit décrire le lot, les plans, les matériaux, le prix, les délais, les pénalités, les conditions suspensives et les garanties. Pour un non-citoyen, le contrat immobilier ne remplace jamais l’autorisation d’acquisition : il faut vérifier la voie juridique applicable PDS, Smart City, IHS ou appartement G+2 et l’accord requis avant de rendre l’engagement irrévocable.
Dépôt et échéancier : les plafonds à connaître
Le dépôt de réservation est plafonné à 5 % lorsque la vente définitive doit intervenir dans l’année, à 2 % entre un et deux ans, et à zéro au-delà de deux ans. Il doit être consigné selon le mécanisme prévu au contrat, et non versé sans protection. Les appels de fonds VEFA sont cumulatifs : jusqu’à 35 % après achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d’eau, 95 % à l’achèvement et le solde à la livraison. Une grille commerciale différente doit être confrontée par le notaire au Code civil mauricien et à l’avancement réellement certifié.
VEFA ou vente à terme : ne pas confondre
Dans une VEFA, la propriété du terrain et des ouvrages existants est transférée dès l’acte, puis les ouvrages futurs deviennent ceux de l’acquéreur au fur et à mesure. Dans une vente à terme, le transfert intervient à l’achèvement, après paiement selon le contrat. Pour un logement ou local mixte vendu avant achèvement avec versements anticipés, le Code civil encadre strictement la forme autorisée. Le notaire doit expliquer pourquoi la structure choisie correspond au projet ; un simple “contrat de réservation” ne peut pas servir à contourner les protections de la VEFA.
Ce que le contrat préliminaire doit contenir
Le contrat de réservation doit identifier le lot, sa surface approximative, les pièces principales, la situation dans l’immeuble, la qualité de construction, le prix prévisionnel, la date envisagée pour l’acte et, lorsque pertinent, le financement. Il doit nommer le dépositaire et le compte spécial. Ajoutez des conditions suspensives précises : autorisation d’acquisition, financement, obtention ou maintien des permis, délivrance de la garantie et absence de modification substantielle. Une condition sans date butoir ni mécanisme de restitution protège mal.
Qui certifie l’avancement ?
L’appel de fonds ne devrait pas reposer sur une simple facture du promoteur. Le contrat doit identifier le professionnel habilité à constater les fondations, la mise hors d’eau et l’achèvement, ainsi que le document remis à l’acquéreur. Demandez le certificat avant paiement et comparez-le au chantier. Les plafonds de 35 %, 70 % et 95 % sont cumulatifs : ils ne signifient pas que chaque étape autorise un versement supplémentaire de ce montant.
Retard, modification et non-conformité
Le contrat doit définir la date de livraison, les causes légitimes de prorogation et les justificatifs. Des formulations très larges comme “tout événement hors du contrôle du vendeur” affaiblissent la prévisibilité. Toute substitution de matériau, réduction de surface ou modification de plan doit être encadrée par un seuil, une information et, si elle est substantielle, un accord ou un recours. À la livraison, faites distinguer réserves esthétiques, défauts de fonctionnement et non-conformités à l’acte.
Après la remise des clés
La livraison à l’acquéreur et la réception des travaux par le maître d’ouvrage sont deux événements distincts. Demandez les procès-verbaux, certificats de conformité, garanties, notices, plans de récolement, clés et relevés de compteurs. Vérifiez aussi le démarrage des garanties applicables, l’assurance de la copropriété et le budget des parties communes. Conservez l’acte, les annexes, certificats d’avancement, preuves de paiement et échanges : ce dossier constitue la preuve de référence en cas de désordre.
Sept signaux d’alerte
Paiement demandé avant contrat valable ; dépôt versé directement sur un compte commercial ; garantie promise mais non communiquée ; plans ou notice absents de l’acte ; appels de fonds sans certificat ; date de livraison sans conséquence contractuelle ; droit unilatéral de modifier surfaces et prestations. Un seul de ces points justifie une pause et une revue indépendante avant tout nouveau versement.
Les garanties qui comptent vraiment
Demandez l’instrument de garantie d’achèvement ou de remboursement, le nom du garant, sa durée et ses conditions d’appel. Contrôlez aussi le titre du terrain, les permis, le certificat EDB du projet lorsque nécessaire, l’assurance du chantier et l’identité de l’entité qui reçoit chaque paiement. Une brochure, une maison témoin ou la réputation d’une marque ne remplace aucun de ces documents.
Réception : organiser la preuve
Avant remise des clés, faites inspecter le lot par un professionnel indépendant et consignez chaque écart par écrit, avec photos, délai de correction et responsabilité. Vérifiez les surfaces, équipements, parties communes, compteurs, ventilation, étanchéité et conformité aux plans annexés. Le dernier paiement ne doit pas être traité comme une formalité si des non-conformités subsistent.
Checklist avant signature
Confirmer l’éligibilité du bien pour un non-citoyen ; choisir son propre notaire ; obtenir permis, titre et garantie ; relier chaque appel de fonds à un certificat d’avancement ; chiffrer droits, honoraires, change et ameublement ; prévoir une date butoir et des pénalités ; documenter la procédure de réserves et de remboursement.
Questions fréquentes
La VEFA concerne-t-elle uniquement les étrangers ?
Non. Elle protège toute acquisition admissible sur plan. L’acheteur étranger supporte en plus les règles d’éligibilité et d’autorisation propres au bien.
Peut-on verser 10 % à la réservation ?
Pas comme dépôt sous le régime légal décrit : le plafond est de 5 %, 2 % ou zéro selon le délai jusqu’à l’acte. D’autres sommes ne doivent être appelées qu’après le contrat et selon les étapes autorisées.
La GFA garantit-elle les retards ?
Elle vise d’abord l’achèvement financier. Les conséquences du retard, pénalités et causes de prorogation relèvent surtout de l’acte ; il faut lire les deux documents.
Puis-je refuser le dernier 5 % ?
En cas de contestation sur la conformité, le solde peut être consigné selon la procédure applicable. Il ne faut pas simplement retenir les fonds sans conseil du notaire.
Que se passe-t-il si la banque refuse le prêt ?
Le remboursement dépend de la condition de financement et des justificatifs. Le montant, le taux maximal, la durée et la date limite doivent être écrits dès la réservation.
Qui choisit le notaire ?
L’acquéreur peut nommer son propre notaire. Un notaire indépendant du promoteur facilite une lecture centrée sur les intérêts et les contraintes du dossier acheteur.
Combien de temps garder les documents ?
Conservez durablement l’intégralité du dossier et au minimum pendant toutes les périodes de garanties et de prescription applicables ; demandez au notaire la durée adaptée au contrat.
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Sources
Government of Mauritius Non-Citizens (Property Restriction) Act, consolidated version
Government of Mauritius EDB (Property Development Scheme) Regulations 2015, consolidated
Government of Mauritius EDB (Smart City Scheme) Regulations 2015, consolidated
Government of Mauritius EDB (Invest Hotel Scheme) Regulations 2015, consolidated
Government of Mauritius Registration Duty Act, consolidated version
Government of Mauritius Land (Duties and Taxes) Act, consolidated version
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